Français? ¿Español?

Que el idioma desconocido no te amedrente. Bajando por la columna de la izquierda, después de mis libros y antes de otras rúbricas, se pueden leer textos míos. Algunos están en castellano, otros en francés, otros en ambos idiomas.

N’ayez pas peur de la langue inconnue. En descendant par la colonne de gauche, après mes livres, après les critiques, et avant d'autres rubriques, il y a des textes que j'aime partager. Ils sont tantôt en français, tantôt en espagnol, tantôt dans les deux langues. Je ne sais pas faire autrement.

mardi 7 août 2012

samedi 5 mai 2012

Invitée au Colloque Écritures en Migration(s) le 11 et 12 mai

Histoires d’écrits, histoires d’exils
14h30- 15h30 Amphi X : Table ronde 2
Écritures et publications : effets de la publication sur l’écriture
modératrice : Delphine Leroy
avec : Milagros Palma , Maria London et Leyla Bartet









dimanche 15 janvier 2012

VOYAGEUSE DU SACRÉ

Le Monde des religions n° 51 (janvier-février 2012) est consacré en grande partie au thème « cerveau et spiritualité ». Ce sujet est au cœur de mon troisième livre, paru au Chili sous le titre Cuatro entraron al paraiso et qui doit paraître bientôt en France, chez l'Harmattan, sous le titre Le rêve et la chute.

Mon récit est celui d’une expérience du sacré, d’un rêve extraordinaire, grand rêve, ou rêve archétypique, que j’ai eu à l’âge de vingt ans et qui a bouleversé mon existence. À la fin de ce rêve, j’ai éprouvé de la culpabilité sans comprendre – jusqu’à maintenant – que cette culpabilité que j’ai cru mienne, privée, que cette souffrance qui m’a coupée du sacré était aussi une souffrance archétypique : celle de la condition humaine.

Dans ce n° 51 du Monde des religions, il y a plusieurs articles autour des expériences mystiques et des états de conscience modifiée. Dans l’article de Jennifer Schwarz, «Témoignage d’un voyageur du sacré » (autour du livre de Tom Verdier Lucie est dans le ciel), il est dit : « Les représentants de diverses traditions mystiques évoquent, chacun avec leurs mots, cette clarté parfaite, ce même chemin très ardu, ces mêmes bouffées d’angoisse, cette étreinte du vide, cette nuit de l’esprit, lors de laquelle le plus gros travail consiste à faire taire le cerveau spéculatif, les pensées de l’ego qui empêchent d’être au contact direct de l’expérience. »

Ma culpabilité a surgi justement de ne pas avoir su réduire au silence le cerveau spéculatif : « C’est alors que dans ma tête, je commets l’irréparable, l’impardonnable. Je devance la réalité de mon rêve éveillé par une idée préconçue. »

Dans l’article « Les recherches sur les états mystiques », l’auteur se réfère aux zones actives du cerveau lors des expériences mystiques. À un moment de mon récit je dis : « Par ailleurs, cet état d’attention transforme quelque chose en moi. J’ai l’impression constante que la peau de mon front est plus lisse, plus tendue, c’est comme si ce Travail produisait des transformations physiologiques dans mon corps, surtout sur mon visage. »

Dans mon livre, il est question aussi du mouvement sectaire auquel j’adhérais à l’époque de cette expérience. Mon rêve est venu en pratiquant des techniques sur l’apprentissage de l’éveil enseignées dans le cadre de ce mouvement ; mouvement que j’ai quitté il y a presque quarante ans. Certains lecteurs ne retiendront de mon récit que le mot secte. Tant pis pour eux.